Shooting corporate à Paris

OÙ PHOTOGRAPHIER VOTRE ENTREPRISE À PARIS

bureaux, lieux loués, rues et jardins : ce que chaque décor dit de vous

On choisit la date, on choisit les personnes, et le lieu vient en dernier, presque par défaut. C’est pourtant lui qui parle le premier. Tour d’horizon des décors possibles à Paris, de vos propres bureaux jusqu’aux quais de Seine, avec ce que chacun raconte et les règles qui s’y appliquent vraiment.

Par Pierre-Yves Queignec, photographe corporate | shooting-corporate.fr

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« Et on la fait où, cette photo ? » La question tombe souvent à la fin de la conversation, comme un détail d’intendance. Une salle de réunion fera l’affaire. Ou la terrasse, s’il fait beau.

Sauf qu’un décor n’est jamais un simple fond. Une verrière d’atelier, une moulure haussmannienne, une façade de verre à La Défense : chacun de ces arrière-plans dit quelque chose de votre entreprise avant même qu’on regarde le visage. Et même le fond gris uni parle. Il dit que vous avez choisi de ne rien montrer d’autre que la personne, ce qui est aussi un choix.

Paris offre à peu près tous les décors imaginables. Elle offre aussi un règlement. Voici comment s’y retrouver.

Vos bureaux : le décor qu’on sous-estime toujours

On les connaît trop pour les voir. Le couloir qu’on traverse vingt fois par jour, la cage d’escalier, le coin bibliothèque que plus personne ne remarque. Sous une lumière construite et avec un peu de profondeur de champ, ces lieux familiers deviennent souvent les plus beaux arrière-plans de la journée, parce qu’ils sont vrais. Un client qui vient ensuite vous rendre visite reconnaîtra l’endroit. Un candidat aussi.

C’est pour cela que je viens chez vous plutôt que l’inverse. J’installe un studio mobile complet, fonds et éclairages, directement dans les locaux, comme pour la série de portraits réalisée dans les bureaux parisiens de Teemo. Personne ne traverse Paris, l’équipe défile entre deux réunions, et la même lumière s’applique à tout le monde.

Ce qu’on regarde dans une pièce

Pas besoin d’un espace exceptionnel. Trois choses comptent davantage que les mètres carrés.

Le recul. Un portrait flatteur se fait avec une focale longue, donc à distance. Plus la pièce est profonde, plus on peut éloigner le fond et le rendre doux. Une salle de réunion en longueur vaut mieux qu’un bureau carré.

Les murs. Une cloison vert pomme renvoie sa couleur sur les visages. Une baie vitrée plein sud impose son contre-jour. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela se sait avant, pas le jour même.

Le passage. Une pièce où l’on vient chercher un café toutes les cinq minutes n’est pas une pièce de portrait. Il faut un lieu qu’on peut fermer, où la personne photographiée oublie qu’elle est au bureau.

Le meilleur repérage à distance tient en trois photos de la pièce pressentie, prises en plein jour avec un téléphone. Elles suffisent à répondre à la plupart des questions. Pour les équipes nombreuses, l’organisation complète est détaillée dans l’article consacré au trombinoscope d’entreprise.

Portrait corporate d'une jeune femme souriante en lumière chaude, l'intérieur de la pièce doucement flouté en arrière-plan, photographe corporate Paris

© Pierre-Yves Queignec / shooting-corporate.fr

Les lieux qu’on loue le temps d’une journée

Parfois les bureaux ne racontent rien. Un plateau en flex office, un immeuble récent sans caractère, une start-up hébergée en attendant mieux. Ou bien la séance accompagne un moment particulier, un lancement, une nomination, un rapport annuel qui mérite un décor à la hauteur.

Paris regorge alors de lieux qui se louent à la journée ou à la demi-journée : hôtels particuliers, ateliers d’artisans, galeries, salons d’hôtels, espaces de coworking très dessinés. Chacun porte son propre registre. Le parquet Versailles et les hautes fenêtres codent la tradition et la confiance, le béton ciré et la verrière parlent d’une autre époque.

J’ai photographié des soirées dans des galeries de mobilier de design, à la Galerie François Laffanour ou à la Galerie Dansk Møbelkunst. Ces lieux ont une qualité rare pour la photographie : leurs murs sont conçus pour mettre en valeur ce qu’on pose devant. Un visage en profite autant qu’une chaise de Jean Prouvé.

Trois questions à poser avant de signer

Les prises de vues sont-elles autorisées, et pour quels usages ? Certains lieux distinguent l’usage interne de l’usage publicitaire. Mieux vaut que ce soit écrit.

Qu’y a-t-il aux murs ? Une œuvre d’art récente reste protégée par le droit d’auteur, y compris quand elle n’apparaît qu’en arrière-plan d’un portrait destiné à votre communication. La Ville de Paris le rappelle pour les œuvres présentes dans l’espace public, et la logique vaut a fortiori à l’intérieur.

À quelle heure entre la lumière ? Un salon magnifique à dix heures peut devenir une grotte à quinze heures. Demandez à visiter à l’heure prévue de la séance.

Paris en extérieur : un décor, avec son règlement

C’est le décor qui fait rêver. C’est aussi celui où l’improvisation coûte le plus cher. Une séance professionnelle dans l’espace public parisien n’est pas une promenade avec un appareil photo, et la Ville encadre la pratique de façon précise.

Les rues et les ponts

Pour une petite équipe, moins de dix personnes, avec un matériel léger, dans les rues ou sur les ponts et sans stationnement de véhicule, la Ville de Paris demande une déclaration préalable de tournage sur la voie publique, à déposer au moins cinq jours ouvrés à l’avance. La règle vaut pour les prises de vues photographiques professionnelles, pas seulement pour le cinéma.

Les jardins, les berges, les canaux

Dès qu’on entre dans un parc, un jardin, un bois, sur les berges ou le long des canaux, on change de régime : il faut une autorisation, demandée via l’application municipale AGATE, au moins quinze jours ouvrés avant la date. Des redevances d’occupation du domaine public peuvent s’appliquer.

Et certains jardins parmi les plus photogéniques ne dépendent même pas de la Ville. Le Jardin du Luxembourg relève du Sénat, qui soumet à son autorisation les prises de vues à caractère professionnel ou commercial. Le jardin du Palais-Royal dépend du Centre des monuments nationaux, qui gère les demandes via son service des locations et tournages, avec une grille tarifaire publiée. Les Tuileries, La Villette et le Jardin des Plantes ont eux aussi leurs propres interlocuteurs.

La Défense

L’esplanade, les parvis, les lignes de verre et d’acier : pour un portrait corporate à La Défense, le décor impose immédiatement un registre d’envergure. L’espace public du quartier est géré par l’établissement Paris La Défense, qui encadre les prises de vues publicitaires et accompagne les porteurs de projet dans le montage administratif. On passe par lui, pas par la mairie.

La tour Eiffel, le jour et la nuit

Un cas d’école. De jour, l’image de la tour relève du domaine public et son utilisation est libre. De nuit, c’est une autre histoire : l’illumination dorée, le scintillement et le phare sont protégés, et toute utilisation professionnelle d’une image de la tour illuminée demande une autorisation préalable de la société d’exploitation, avec des droits possibles. Un portrait de dirigeant au crépuscule avec la tour qui scintille en arrière-plan, pour une plaquette commerciale, entre exactement dans ce cas.

Un décor n’est jamais neutre. Même un fond gris dit quelque chose : il dit que vous avez choisi de ne rien montrer d’autre que vous.

Les bâtiments et les passants

Photographier un immeuble depuis la rue est en principe libre : la Cour de cassation a jugé en 2004 que le propriétaire d’un bien ne dispose pas d’un droit exclusif sur son image et ne peut s’opposer à son utilisation qu’en cas de trouble anormal. Mais si le bâtiment est une œuvre architecturale encore protégée, l’exception dite « de panorama » ne couvre que les usages non commerciaux. Plusieurs monuments sont tombés dans le domaine public, l’Arc de Triomphe, le dôme des Invalides, l’Hôtel de Ville, l’Opéra Garnier ; beaucoup d’édifices contemporains, non.

Reste la question des passants. Toute personne identifiable sur une photo doit avoir donné son accord pour que l’image soit diffusée, que la prise de vue ait lieu dans un espace public ou privé. En pratique, on cadre serré, on joue avec la profondeur de champ, on choisit l’heure où la rue est calme. C’est aussi pour cela que les meilleures images de ville se font tôt.

Portrait corporate d'une femme souriante sur fond neutre, cadrage paysage, photographe corporate Paris

© Pierre-Yves Queignec / shooting-corporate.fr

Choisir en trois questions, dans cet ordre

1. Qui va regarder cette photo ?

Un investisseur, un candidat de vingt-cinq ans et un client grand compte ne lisent pas une image de la même façon. Le cabinet d’avocats qui veut rassurer n’a pas intérêt au même décor que l’agence qui veut surprendre. Commencez par le regard de votre destinataire, le lieu en découle presque tout seul.

2. Combien de personnes ?

Un ou deux dirigeants, et tous les décors sont ouverts, y compris plusieurs dans la même journée. Une équipe entière, et la question change de nature : l’enjeu devient l’homogénéité. Un seul lieu, une seule lumière, un seul fond, pour que la page équipe de votre site ressemble à une équipe et non à un patchwork.

3. Que se passe-t-il s’il pleut ?

Si la date est imposée, une assemblée générale, un lancement, un communiqué de nomination déjà calé, alors l’extérieur doit toujours avoir un plan B à l’abri. Paris a beaucoup de qualités. La fiabilité de son ciel n’en fait pas partie.

Le décor parle.
Choisissez ce qu’il dit.

Bureaux, lieu loué ou pavé parisien, il n’y a pas de bon décor dans l’absolu. Il y a un décor juste pour un message, un public et un usage donnés.

La bonne nouvelle, c’est que ce choix se fait en amont, tranquillement, bien avant d’allumer le moindre flash. Et c’est souvent là que la photo se gagne.

La plus belle photo d’entreprise n’est pas celle qu’on a prise dans le plus beau lieu. C’est celle dont le lieu raconte la même histoire que le visage.

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Parlons du lieu avant de parler de la photo. Le reste suivra.

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