Portrait d’entreprise

Trombinoscope
l’art discret du portrait d’équipe

On le commande comme on réserve une salle : une date, un fond neutre, une photo par personne. Puis ces images s’installent partout, dans les messageries, les appels d’offres, sur LinkedIn, et y restent des années. Le trombinoscope mérite mieux que le statut de formalité. Il est souvent le seul portrait qu’une entreprise fait de ceux qui la composent.

Par Pierre-Yves Queignec, photographe corporate | shooting-corporate.fr

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Une image qui voyage

Sur le bon de commande, il s’agit d’alimenter l’intranet. Quelques semaines plus tard, la même photo apparaît en pastille dans la messagerie, à chaque e-mail envoyé, à chaque visio ouverte. Elle orne la signature, le badge, l’organigramme. Elle accompagne les CV glissés dans une réponse à appel d’offres, sous les yeux d’un client qui n’a jamais rencontré l’équipe. Elle finit sur LinkedIn, puis sur la page équipe du site.

Rares sont les images d’entreprise vues aussi souvent, et en si petit format. C’est là que se joue leur qualité. Un visage net, bien éclairé, détaché du fond reste lisible à la taille d’une vignette ; un portrait sombre devient une tache. Le cadrage compte tout autant. Une photo qui laisse un peu d’air autour du visage se recadre en rond pour la messagerie, en carré pour LinkedIn, en vertical pour le site. Serrée au plus près, elle ne se prête qu’à un seul usage.

D’où une première question, à se poser avant même de fixer une date : où ces images iront-elles vivre ?

Portrait corporate d'une femme assise en robe bleu marine, sourire discret, par Pierre-Yves Queignec, photographe corporate à Paris Portrait corporate d'un homme en costume bleu marine et chemise blanche, bras croisés, par Pierre-Yves Queignec, photographe corporate à Paris

Une même équipe, un même fond, une même lumière | © Pierre-Yves Queignec / shooting-corporate.fr

Ceux qui n’aiment pas poser

Dans une équipe, peu de gens attendent la séance photo avec impatience. Certains la redoutent, et ne s’en cachent pas. Ce sont eux, pourtant, qui font la réussite d’un trombinoscope : sur une page où chacun paraît à l’aise, un visage crispé se remarque plus que les autres.

C’est la raison pour laquelle je consacre à chacun cinq à huit minutes, et non deux. Le temps d’un accueil, de quelques mots échangés, de consignes données une à une, puis d’un regard partagé sur l’écran. Ce temps-là n’a rien d’un luxe : c’est lui qui permet à une personne tendue de se relâcher, et au portrait de lui ressembler. Un client l’a résumé mieux que moi dans son avis : « a su mettre tout le monde à l’aise, même les plus réticents ».

Une partie du travail se fait en amont, du côté de l’entreprise. Prévenir tôt, expliquer à quoi serviront les photos, laisser chacun choisir son image. On arrive plus serein à une séance dont on connaît le déroulé.

Le droit de dire non

C’est l’angle mort de la plupart des projets. Un salarié peut refuser que sa photographie figure dans l’annuaire du personnel, qu’il soit interne ou public. La CNIL le rappelle sans ambiguïté, et recommande à l’employeur de recueillir un accord écrit qui précise l’usage de l’image.

Deux autorisations coexistent donc, que l’on confond volontiers. La cession de droits du photographe permet à l’entreprise d’exploiter les images ; pour sa communication, elle est incluse dans mes portraits. L’accord du salarié porte, lui, sur son droit à l’image. Aucune des deux ne dispense de l’autre.

Mieux vaut régler la question avant la séance qu’après la mise en ligne. Un formulaire qui distingue les usages, l’annuaire interne d’un côté, le site public de l’autre, évite bien des malentendus. Pour ceux qui déclinent, une solution sobre, des initiales plutôt qu’un cadre vide, préserve l’harmonie de l’ensemble. Reste à décider, dès le départ, du sort des photos de ceux qui quitteront l’entreprise.

L’épreuve du temps

Le jour de sa mise en ligne, un trombinoscope est parfaitement homogène. Six mois plus tard, les premiers arrivants ont fourni une photo prise au téléphone, dans un couloir, sous un néon. L’ensemble reprend peu à peu l’allure de patchwork que l’on avait voulu quitter.

La parade se prépare dès la première séance. Un fond, une lumière, une hauteur et un cadrage fixés puis consignés se reproduisent à l’identique des mois plus tard. Un éclairage de studio, contrairement à la lumière du jour, donne le même rendu en mars et en novembre. Il suffit ensuite de prévoir un rythme pour accueillir les nouveaux visages, par petits groupes plutôt qu’au fil de l’eau.

Une question de minutes

En format trombinoscope, une journée permet de photographier cinquante à soixante personnes au maximum. C’est un plafond, qui suppose un seul site, une pose par personne et un planning tenu. Une équipe de quarante personnes tient ainsi en une journée, une centaine en deux, cent cinquante en trois. Pour un portrait plus travaillé, celui d’un comité de direction par exemple, il faut compter une quinzaine de minutes par personne.

Le studio mobile s’installe dans vos locaux, dans une salle d’environ trois mètres sur quatre, en quarante-cinq minutes à une heure. Chaque collaborateur reçoit un créneau de cinq à dix minutes selon le brief. Le déroulé de la journée elle-même est détaillé dans l’article consacré à l’organisation d’une séance de trombinoscope.

Le temps qui ne figure sur aucun devis est celui des équipes. Beaucoup d’entreprises commencent par faire leurs portraits en interne. Le résultat est souvent le même : des semaines de relances, des photos hétérogènes et une page équipe qui ressemble à un patchwork. Une séance organisée inverse la logique : chacun quitte son poste quelques minutes, une seule fois.

Après la séance

Une galerie de sélection est en ligne sous quarante-huit heures ; chacun, ou le service communication, y choisit son image. Les portraits retouchés arrivent cinq à dix jours après le retour des choix, si bien que le calendrier dépend aussi de la réactivité des équipes.

Un dernier conseil, prosaïque mais précieux : fixer avant la séance la manière de nommer les fichiers. Sur cent portraits, personne n’a envie de les renommer à la main.

En pratique

Combien de personnes en une journée ?

En format trombinoscope, 50 à 60 personnes au maximum, à raison de 5 à 8 minutes par personne. Environ 15 minutes par personne pour un portrait plus travaillé.

Un salarié peut-il refuser d’y figurer ?

Oui. Selon la CNIL, chacun peut s’opposer à l’utilisation de son image, y compris dans un annuaire interne. L’employeur doit obtenir son accord, de préférence par écrit et en précisant les usages.

Faut-il se rendre dans un studio ?

Non. Le studio mobile est installé dans vos locaux, dans une salle d’environ 3 mètres sur 4.

Les photos peuvent-elles servir sur LinkedIn et sur le site ?

Pour la communication de votre entreprise, la cession de droits est incluse. Une diffusion presse, magazine ou publicitaire fait l’objet d’une cession spécifique, chiffrée au devis. L’accord de chaque salarié sur son image reste nécessaire.

Quels délais de livraison ?

Galerie de sélection sous 48 heures, portraits retouchés sous 5 à 10 jours après le retour des choix.

Un trombinoscope ne se juge pas le jour de sa mise en ligne,
mais un an plus tard.

Quand les photos circulent partout sans avoir été recadrées au hasard, que personne ne s’est senti contraint, et que les nouveaux venus s’y fondent sans qu’on les remarque.

Un trombinoscope en préparation ?

J’interviens en Île-de-France avec un studio mobile installé dans vos locaux, pour les trombinoscopes d’entreprise. Parlez-moi de votre effectif, de vos usages et de votre calendrier.

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