Intranet ou site public : la même règle, deux accords
Beaucoup d’entreprises croient qu’un annuaire interne échappe aux règles, puisqu’il ne sort pas de la maison. C’est faux, et la CNIL le dit sans détour : l’autorisation du salarié est nécessaire pour l’annuaire, « qu’il soit externe ou interne ». Sa fiche sur le sujet rappelle d’ailleurs le principe de base, hérité du droit civil : toute personne dispose sur son image d’un droit exclusif et absolu et peut s’opposer à son utilisation. L’autorisation doit être exprimée très clairement et sans ambiguïté, et la CNIL recommande de la recueillir par écrit, afin de disposer d’une preuve de l’accord et de préciser l’étendue de l’usage.
Même règle, donc, mais deux décisions bien distinctes pour le salarié. Figurer dans la messagerie interne et l’organigramme n’a pas la même portée qu’apparaître sur une page publique, indexée par les moteurs de recherche, consultable par un recruteur concurrent et reprise dans les réponses à appels d’offres.
Le formulaire qui règle la question
D’où une recommandation très pratique, qui désamorce la quasi-totalité des conflits : ne demandez pas un accord, demandez-en plusieurs, sur le même document. Une case pour l’annuaire interne et l’organigramme. Une autre pour la page équipe du site. Une troisième pour les réseaux sociaux de l’entreprise. Une dernière pour les supports commerciaux et les dossiers de candidature.
Le résultat surprend souvent les directions : la plupart des gens cochent presque tout, à condition de pouvoir ne pas cocher la ligne qui les gêne. Un accord global et illimité, lui, se heurte à un refus global.
Pensez enfin à la sortie. Que devient le portrait d’un collaborateur qui quitte l’entreprise, sur l’intranet, sur le site, dans une plaquette déjà imprimée ? Décidée en amont, la question se règle en une ligne. Découverte le jour d’un départ conflictuel, elle devient un dossier. Le détail du cadre organisationnel, lui, est développé dans l’article consacré au portrait d’équipe et à ses usages.